L’essentiel en 30 secondes
- Note
- 3,0 / 5
- Frais du challenge
- 135 € à 990 €phase 2 gratuite
- Objectifs
- 10 % puis 5 %sur le solde initial
- Perte maximale
- 10 %statique, jamais recalculée
- Jours de trading minimum
- 4 par phasedans les CGV, absent de la grille
- Régulation de l’activité
- AucuneFSP 50506 = licence sud-africaine
Le challenge coûte 135 € pour un compte de 10 000 $, l’objectif est de 10 % puis 5 %, et la perte maximale reste figée à 10 % du solde de départ. Sur le papier, la grille est propre et le drawdown statique vaut mieux que celui de la moitié du marché. Le problème est ailleurs. Les conditions générales de RaiseMyFunds ne promettent pas de te financer : elles promettent de te recommander comme candidat à un programme géré par une autre société.
Raise Global SA (Pty) LTD vend l’évaluation. Le contrat de trader financé, lui, vient d’un tiers que le texte ne nomme pas, libre de t’accepter ou de te refuser. Le montage se retrouve chez plusieurs concurrents de l’avis prop firm : l’annuaire complet, rarement écrit aussi noir sur blanc. Pour un acheteur français, ce qui compte n’est donc pas le prix affiché. C’est le droit applicable et le nom de celui qui paie.
Ce que tu achètes vraiment quand tu paies un challenge
Les CGV en vigueur au 1er juin 2025 définissent le service comme un outil de trading simulé et du matériel pédagogique. Le capital est fictif, tu n’as aucun droit dessus, et le texte précise en majuscules qu’aucune prestation ne constitue un service d’investissement au sens des lois applicables. Autrement dit, tu n’achètes pas un compte. Tu achètes une évaluation.
La suite est plus rude. Quand tu valides les deux phases, l’article 6.6 dit que le prestataire te recommande comme candidat au programme RaiseMyFunds Trader. L’article 6.8 ajoute que cette recommandation ne garantit rien et que le prestataire décline toute responsabilité si le programme te refuse, avec ou sans motif. L’article 7 boucle : le contrat de trader financé peut t’être proposé par une société tierce, à sa seule discrétion, et Raise Global SA se déclare étrangère à cet accord.
La société que tu paies n’est donc pas celle qui te paiera. C’est la clé de lecture de tout le reste, y compris de la licence mise en avant partout sur le site. Raise Global SA (Pty) LTD, immatriculée sous le numéro 2018/616118/07, détient bien le statut de prestataire de services financiers FSP 50506 auprès de la FSCA sud-africaine. Cette licence couvre l’entité vendeuse en Afrique du Sud, pas la vente d’un challenge à un résident français, et encore moins le tiers qui signera ton contrat.
Détail qui mérite d’être relevé : le pied de page du site donne un siège à Sandton, dans la banlieue de Johannesburg, quand les CGV situent le siège social au Portside Building, 4 Bree Street, au Cap. Même numéro d’immatriculation, deux adresses dans deux documents officiels. Les paiements, eux, transitent par Raise EU Services D.B. Limited, société chypriote immatriculée HE428723 à Limassol, qui agit comme agent payeur. RaiseMyFunds est né du broker RaiseFX et partage son entité juridique.
Combien coûte le challenge, et ce que le prix couvre
Cinq tailles de compte sont vendues, de 10 000 $ à 200 000 $. Au-delà, il faut passer par le plan de scaling. Les tarifs sont libellés en euros et convertis au taux maison si tu paies dans une autre devise.
| Taille du compte | Frais phase 1 | Objectif phase 1 | Objectif phase 2 | Perte totale max |
|---|---|---|---|---|
| 10 000 $ | 135 € | 1 000 $ | 500 $ | 1 000 $ |
| 25 000 $ | 225 € | 2 500 $ | 1 250 $ | 2 500 $ |
| 50 000 $ | 315 € | 5 000 $ | 2 500 $ | 5 000 $ |
| 100 000 $ | 499 € | 10 000 $ | 5 000 $ | 10 000 $ |
| 200 000 $ | 990 € | 20 000 $ | 10 000 $ | 20 000 $ |
La phase 2 ne coûte rien, et les frais de la phase 1 te sont rendus au premier retrait ou au premier passage de palier. Attention à la mécanique : le remboursement atterrit dans ton portefeuille virtuel, pas sur ton compte bancaire. Le retrait minimum depuis ce portefeuille est fixé à 50 $.
Dans tous les autres cas, l’article 2.6 est catégorique. Échec du challenge, annulation de ton espace client, violation des CGV : pas de remboursement. Le droit de rétractation de 14 jours existe bien pour les consommateurs, mais l’article 12.1 précise que tu le perds dès ton premier trade en démo, et l’article 6.1 fait de ce premier trade une demande expresse d’exécution complète du service. En clair, la fenêtre se referme au moment où tu ouvres la plateforme. Une dernière clause mérite d’être connue avant de payer : contester le débit auprès de ta banque autorise le prestataire à couper tous tes services et à refuser toute prestation future.
Au 6 septembre 2026, le compte 10 000 $ était affiché à 85 € au lieu de 135 €, réservé aux clients n’ayant pas déjà un challenge 10 000 $ actif. Les promotions de ce type tournent en permanence chez tous les acteurs du secteur : vérifie le prix du jour plutôt que celui d’un article.
Les règles du challenge, seuil par seuil
Deux phases, deux objectifs, les mêmes plafonds de perte. Il faut 10 % de gain cumulé sur positions fermées en phase 1, puis 5 % en phase 2. Toutes les positions doivent être clôturées pour que le compte soit évalué.
La perte journalière est plafonnée à 5 % du solde initial. Elle se calcule sur la journée civile en heure d’Europe centrale, additionne les positions fermées et le flottant, commissions et swaps inclus. Le point que la plupart des comparatifs ratent : les gains de la journée compensent. Si tu prends 2 500 $ le matin sur un compte 50 000 $, tu peux encaisser 5 000 $ de perte l’après-midi sans casser le seuil.
À retenir
La perte maximale est statique : ton équité ne doit jamais descendre sous 90 % du solde de départ, point. Elle ne remonte pas avec tes gains. À plus 8 %, tu disposes de 18 % de marge depuis ton pic, là où une firm en trailing t’en laisserait 10 %.
Le levier plafonne à 1:100 sur toutes les phases et ne se négocie pas. Il dépasse largement le 30:1 auquel un particulier français a droit chez un broker européen, parce que le plafond ESMA vise les CFD vendus par un prestataire aux clients de détail de l’Union. Ici, tu es sur du trading simulé chez une entité sud-africaine : la mesure ne s’applique pas. Ce n’est pas un avantage, c’est un régime différent.
Reste la règle des 45 %, la plus mal expliquée du site. Aucune journée ne doit représenter plus de 45 % du profit total du compte. La FAQ la présente comme indolore, en te disant de continuer à trader jusqu’à ce que la proportion redescende. Les articles 6.2.5 et 6.5.5 en font une condition de validation à part entière, et la même règle conditionne la validation de tes demandes de retrait. Traduction concrète : un coup de génie qui te met à 10 % en une séance ne valide pas ta phase. Il t’oblige à retourner sur le marché.
« Sans limite de temps » : ce que les conditions générales ajoutent
C’est l’argument commercial numéro un de RaiseMyFunds. La grille affiche une période de trading illimitée sur chaque taille de compte, la ligne « jours de trading minimum » est laissée vide, et la FAQ confirme noir sur blanc qu’aucun nombre de jours n’est imposé. Les CGV disent autre chose.
Attention
Les articles 6.2.1 et 6.5.1 exigent au moins un trade sur quatre journées civiles différentes, dans chaque phase. La page commerciale ne le mentionne nulle part.
Deux autres compteurs tournent en silence. Tu disposes de 30 jours calendaires pour activer un challenge payé, faute de quoi l’accès est suspendu, récupérable sur demande pendant six mois. Et l’article 17.2 résilie automatiquement le contrat si aucun trade en démo n’est ouvert pendant 30 jours consécutifs, sans remboursement.
« Sans limite de temps » signifie donc qu’aucune date butoir ne pèse sur l’objectif de profit. Cela ne veut pas dire que tu peux disparaître. Quatre jours d’activité minimum par phase, jamais plus de 29 jours sans toucher au compte : la souplesse existe, elle a juste des bornes que le tableau tarifaire ne montre pas.
Les stratégies interdites et le pouvoir d’appréciation de la firme
L’article 5.4 est long et rédigé en majuscules, ce qui vaut avertissement. La liste dépasse largement le classique « pas de HFT ».
- Trading de gap : ouvrir une position quand un événement macro ou un résultat d’entreprise est programmé, ou moins de deux heures avant la fermeture d’un marché pour deux heures ou plus.
- Paris unidirectionnels : n’enchaîner que des achats ou que des ventes sans analyse complète.
- Grid, arbitrage, couverture entre plusieurs comptes. La couverture à l’intérieur d’un même compte reste autorisée.
- Account rolling : acheter plusieurs challenges en en sacrifiant volontairement une partie.
- Comportement de joueur : marge utilisée à 70 % ou plus, surexposition, trades sans stop-loss.
- Masquer volontairement l’usage d’un robot, ou empiler un gros volume d’ordres sur une durée très courte.
S’y ajoute l’article 5.4.3, qui interdit d’ouvrir des positions nettement plus grosses, ou en nombre nettement différent, que tes propres trades habituels. La firme se réserve explicitement le droit de décider seule ce qui tombe dans la catégorie. Les sanctions prévues à l’article 5.5 vont de l’échec du challenge au retrait pur et simple des trades litigieux de ton historique, jusqu’à l’annulation de tous tes services ou la réduction du levier à 1:5 sur l’ensemble de tes comptes.
Il y a là une contradiction à connaître avant ton premier NFP. La FAQ autorise le trading pendant les annonces économiques en te conseillant la prudence. L’article 5.4.1 (f) interdit d’ouvrir une position quand un événement majeur susceptible d’affecter le marché est programmé. Les deux textes ne disent pas la même chose, et c’est le contrat qui prime. Dernier rappel utile : le compte est strictement personnel, aucun tiers ne doit y accéder ni trader pour toi, sous peine de tomber sous la même section.
Payouts : qui paie, quand, et sous quelles conditions
Une fois financé, il faut avoir tradé trois jours et dégagé au moins 50 $ de profit pour demander un retrait. La somme arrive dans ton portefeuille virtuel sous trois jours ouvrés, puis se retire par carte ou en cryptomonnaie. Un nouveau cycle de 14 jours démarre ensuite avant la demande suivante. La règle des 45 % s’applique aussi à cette validation.
Le partage démarre à 85 % et passe à 90 % dès ton premier retrait ou ton premier passage de palier. Le plan de scaling demande 10 % de gain sur le solde initial, réalisés sur trois jours minimum, pour monter d’un cran. Le plafond est fixé à 400 000 $ de capital obtenu par challenges et à 1 000 000 $ de capital total sous gestion, tous comptes confondus.
Sur le papier, c’est rapide et lisible. Il faut simplement se rappeler d’où vient l’argent. Ces conditions de retrait relèvent du programme trader, donc du tiers de l’article 7, pas de l’entité titulaire de la licence FSCA. Le pied de page du site précise d’ailleurs que tous les comptes fournis sont des comptes de démonstration à capital fictif, quand la FAQ affirme qu’un trader financé reçoit un compte réel. Cette ambiguïté n’est pas anodine : elle décide de la nature exacte de ce que tu réclames en cas de litige.
Ce qu’un trader français doit vérifier avant de sortir sa carte
Première chose : la France ne figure pas sur la liste des pays restreints annexée aux CGV. La Belgique, elle, y est, aux côtés des États-Unis, du Canada, du Japon, de la Corée du Sud et d’une vingtaine d’autres juridictions. Le pied de page du site ajoute pourtant que les informations publiées ne s’adressent pas aux résidents de l’Union européenne. Les deux textes ne se recoupent pas, et c’est la liste contractuelle qui t’engage.
Deuxième chose, plus lourde de conséquences : l’article 16.1 soumet le contrat au droit sud-africain et attribue compétence aux tribunaux sud-africains du siège du prestataire. Aucun médiateur n’est désigné, et l’article 18.1 précise que la société n’a adhéré à aucun code de conduite consommateur. La clause de règlement amiable se résume à écrire au support. Un litige sur un retrait ne se plaide donc pas à Paris.
Troisième chose : une prop firm ne relève pas du périmètre de l’AMF ni de l’ACPR, parce que tu ne lui confies aucune épargne à gérer. Pas de garantie des dépôts, pas de médiateur de l’AMF, pas de recours REGAFI. Avant de payer, passe quand même le nom et le domaine dans les listes noires de l’AMF, en gardant en tête que ces listes ne sont jamais exhaustives et qu’une absence ne vaut pas agrément.
Enfin, garde une donnée en tête pour calibrer tes attentes. L’étude publiée par l’AMF le 13 octobre 2014, sur quatre ans d’observation, concluait que près de neuf clients particuliers sur dix sont perdants sur le trading de CFD et de Forex. Elle porte sur des comptes réels chez des brokers, pas sur des challenges, mais elle décrit le marché que tu dois battre de 10 % pour rentabiliser 135 €. Côté fiscalité, la rémunération versée par une prop firm ne se traite pas comme une plus-value de cession : fais valider ton cas par un professionnel avant ta première déclaration.
Pour qui Raise My Funds tient la route
Le produit lui-même est correct. Drawdown statique, aucune date butoir sur l’objectif, phase 2 offerte, frais rendus au premier retrait, tolérance sur les positions gardées la nuit : sur ces cinq points, la firme se tient mieux que avis fundednext et joue dans la même cour que the5ers avis. Ce qui plombe la note, c’est l’écart entre la vitrine et le contrat, et la nature du tiers qui délivre le compte financé.
Des règles de challenge parmi les plus tenables du marché, posées sur un contrat qui ne garantit pas le financement.
Le drawdown statique et l’absence de date butoir valent le détour à 135 €. Les quatre jours minimum cachés, le droit sud-africain et le tiers non nommé de l’article 7 empêchent de monter plus haut.
- Règles du challenge4,0
- Prix3,5
- Conditions de retrait3,0
- Clarté des conditions2,5
- Recours en cas de litige2,0
C’est pour toi si
- Tu tiens un plan sur plusieurs semaines et la pression du chrono te fait sortir tes pires trades
- Ta stratégie encaisse des séries de pertes et le drawdown statique te laisse respirer
- Tu testes avec 135 € que tu acceptes de perdre entièrement
Passe ton chemin si
- Ton avantage vient des annonces macro ou d’un robot rapide
- Tu comptes valider une phase sur une ou deux grosses séances
- Tu veux un interlocuteur joignable devant une juridiction française
Un dernier réflexe avant de payer : télécharge les CGV et garde le PDF. Les tarifs et les paramètres du service peuvent être modifiés unilatéralement à tout moment, et seul l’exemplaire en vigueur au jour de ton achat te protège.
Sur le même sujet, deux firms se comparent utilement à celle-ci sur le terrain des règles : notre test wegetfunded pour un modèle européen aux seuils plus serrés, et avis ufunded pour une grille tarifaire plus agressive à taille de compte égale. Si le sujet des incidents de paiement t’intéresse, notre test the funded trader revient sur ce qui arrive quand une firm change ses règles en cours de route.
Et si tu hésites entre deux noms plutôt qu’entre dix, les duels tranchent plus vite : ftmo vs raise my funds oppose le drawdown statique au poids lourd du secteur, tandis que fundednext vs raise my funds compare deux challenges à deux phases sur le prix et les règles de cohérence.
FAQ
Raise My Funds est-elle une prop firm régulée ?
Non. Raise Global SA (Pty) LTD détient la licence FSP 50506 délivrée par la FSCA sud-africaine, qui encadre la fourniture de services financiers en Afrique du Sud. Les CGV précisent elles-mêmes qu’aucune prestation du challenge ne constitue un service d’investissement. Aucune prop firm n’est régulée en tant que telle, en France comme ailleurs.
Un résident français peut-il acheter un challenge ?
La France n’apparaît pas sur la liste des pays restreints annexée aux CGV, contrairement à la Belgique. Le pied de page du site indique néanmoins que ses informations ne visent pas les résidents de l’Union européenne. Le contrat reste soumis au droit sud-africain et aux tribunaux sud-africains.
Les frais du challenge sont-ils remboursés ?
Ils sont crédités sur ton portefeuille virtuel au premier retrait ou au premier passage de palier. En cas d’échec, d’annulation de ton espace client ou de violation des CGV, rien n’est rendu. Le droit de rétractation de 14 jours disparaît dès ton premier trade en démo.
Peut-on trader pendant les annonces économiques ?
La FAQ du site l’autorise en conseillant la prudence. Les CGV interdisent d’ouvrir une position quand un événement macro ou un résultat d’entreprise susceptible d’affecter le marché est programmé, ainsi que dans les deux heures précédant une fermeture de marché de deux heures ou plus. Lis l’article 5.4.1 avant un NFP.
Combien de temps pour recevoir un retrait ?
Il faut trois jours de trading sur le compte financé et 50 $ de profit minimum. Après validation, les fonds arrivent sur le portefeuille virtuel sous trois jours ouvrés, puis se retirent par carte ou en cryptomonnaie. Un cycle de 14 jours s’ouvre avant la demande suivante.
SOURCES
- Conditions générales RaiseMyFunds : jours de trading minimum, pratiques interdites, pays restreints, droit applicable
- Grille des challenges : frais, objectifs de profit et plafonds de perte par taille de compte
- Listes noires des sociétés et sites non autorisés : Forex, produits dérivés, usurpations
- Étude des résultats des investisseurs particuliers sur le trading de CFD et de Forex en France