L’essentiel en 30 secondes
- Note
- 4,1 / 5
- Auteur
- Alexander Elderpsychiatre devenu trader, New York
- Édition à prendre
- Le nouveau Vivre du tradingValor, 2019, 354 p., couleur
- Prix éditeur
- 55,00 €vérifié le 07/09/2026
- Niveau
- Débutant à intermédiairesavoir lire un graphique suffit
- Ce qui reste utile
- Règles des 2 % et 6 %les indicateurs ont vieilli
Vivre du trading n’apprend pas à vivre du trading. Alexander Elder l’écrit dès l’introduction, dans un chapitre titré « Les chances sont contre vous » : entre les commissions, le slippage et tes propres émotions, le trading est un jeu à somme négative pour celui qui débute. Le livre sert à autre chose : tenir assez longtemps pour apprendre, avec deux règles de risque applicables dès demain et une méthode d’analyse sur trois unités de temps.
C’est le classique qui ouvre notre sélection des meilleurs livres de trading, et l’un des rares à traiter psychologie, méthode et money management dans le même volume. Deux éditions françaises coexistent chez Valor Éditions, à 52,70 € et 55 €, et elles ne se valent pas.
Verdict avant nuance : prends l’édition 2019, lis la partie sur le risque avant celle sur les indicateurs, et n’attends pas de système clé en main.
Vivre du trading (2001) ou Le nouveau Vivre du trading (2019) : laquelle acheter
Les deux titres sont au catalogue de Valor Éditions, en français, et l’ancien se vend encore neuf. Sur les fiches marchandes, l’auteur apparaît souvent sous « Alexandre Elder » : c’est le même homme, et les deux livres traduisent Trading for a Living (1993) puis The New Trading for a Living (2014).
| Critère | Vivre du trading | Le nouveau Vivre du trading |
|---|---|---|
| Original américain | 1993 | 2014 |
| Parution française | avril 2001 | novembre 2019 |
| Pages | 382 | 354 |
| Format et intérieur | 15 × 21 cm, noir et blanc | 17 × 24 cm, couleur |
| Prix éditeur | 52,70 € | 55,00 € |
| Règle des 6 %, Impulse system, notation des trades | Absents | Présents |
| Partie sur les véhicules (actions, ETF, options, CFD, futures, forex) | Absente | Présente |
| Guide d’exercices en français | Oui, publié en 2002 | Non |
Le nombre de pages de l’édition 2019 varie selon la source : 354 chez Amazon et la Fnac, 360 sur la fiche éditeur. L’édition 2001 en compte 382, avec un texte plus serré et des graphiques en noir et blanc.
Prends la 2019. Elder a réécrit toute la partie money management, qu’il qualifie lui-même de point faible du livre de 1993, et il a ajouté l’Impulse system, un chapitre sur les stops et les objectifs, une partie sur les véhicules de trading et un système de notation de tes propres trades. Les graphiques sont récents et en couleur. L’édition 2001 garde un intérêt si tu la trouves d’occasion pour quelques euros : ses chapitres de psychologie sont quasi identiques, Elder l’assume, et c’est la seule que le guide d’exercices de 2002 accompagne.
Un reproche lu sur les fiches marchandes : la traduction française de 2019 est mal relue, des coquilles subsistent. Agaçant à 55 €, sans conséquence sur le fond.
Ce que le livre contient : trois M et un quatrième pilier
Elder est psychiatre de formation, diplômé en URSS, passé à l’Ouest depuis un navire soviétique, puis installé à New York où il a exercé et enseigné à Columbia. Il a écrit Trading for a Living alors qu’il pratiquait encore. Ça se sent : le livre commence par le trader, pas par le graphique.
Sa doctrine tient en trois M : Maîtrise de soi (psychologie), Méthode (analyse et sélection des trades), Money management (taille de position et contrôle du risque). L’édition 2019 ajoute le facteur qui relie les trois, la tenue des registres. Les onze parties suivent cet ordre.
Parties 1 et 2, psychologie individuelle et de masse. Le passage le plus connu compare le trader qui enchaîne les pertes à un alcoolique : déni, promesse d’arrêter, rechute, et le fond du trou comme seul déclencheur. La réponse d’Elder est calquée sur les Alcooliques anonymes : admettre qu’on est un perdant, puis tenir un journal comme on va aux réunions. Côté foule, le prix est décrit comme un accord momentané entre acheteurs et vendeurs, et la tendance comme un mouvement de masse qu’on suit sans chercher à le prédire.
Parties 3 à 6, l’outillage : lecture des barres, supports et résistances, lignes de tendance, gaps, moyennes mobiles, MACD et histogramme MACD, RSI, stochastique, volume, temps, indicateurs de marché comme les nouveaux plus hauts et nouveaux plus bas. Solide, mais daté, on y revient.
Partie 7, les systèmes : triple écran, Impulse, canaux. Partie 8, les véhicules : actions, ETF, options, CFD, futures et forex, avec un regard sec sur le marketing qui entoure certains de ces marchés. Partie 9, le risque : émotions et probabilités, les règles des 2 % et des 6 %, et un chapitre sur le retour après un drawdown sans doubler la mise. Parties 10 et 11, la pratique : fixer un objectif avant d’entrer, placer un stop sans vœu pieux, noter chaque plan de trade, tenir le journal.
Le triple écran, la méthode du livre, et ce qu’elle vaut en 2026
Le triple écran date de 1986 : Elder l’a publié dans Futures Magazine avant de le mettre dans le livre. L’idée tient en une phrase : aucune décision sur une seule unité de temps.
Premier écran, la marée : l’unité de temps supérieure à celle où tu trades, l’hebdomadaire si tu travailles en daily. Tu y lis la tendance avec un indicateur de suivi, la pente de l’histogramme MACD ou d’une moyenne mobile exponentielle, et tu ne prends que les trades dans son sens.
Deuxième écran, la vague : ton unité de travail, le daily. Tu y cherches un repli contre la tendance hebdo avec un oscillateur, Force Index lissé sur 2 jours, Elder-ray, stochastique. Tendance hebdo haussière et oscillateur daily en zone basse : c’est le seul cas où tu prépares un achat.
Troisième écran, l’entrée : un ordre d’achat stop juste au-dessus du plus haut de la veille, stop de protection sous le plus bas de la veille. Si le prix ne casse pas ce plus haut, l’ordre reste lettre morte et tu ne perds rien. Elder tient à un rapport d’environ cinq entre deux unités de temps successives : la semaine et le jour, le jour et l’heure.
Ses trois indicateurs maison sont les briques du système. Le Force Index multiplie le volume par la variation de clôture d’une barre à l’autre, puis le lisse sur 2 ou 13 périodes. L’Elder-ray mesure la puissance des haussiers (plus haut moins moyenne exponentielle 13) et celle des baissiers (plus bas moins la même moyenne). L’Impulse system, nouveau dans l’édition 2019, colore chaque barre selon la pente de la moyenne 13 et de l’histogramme MACD : vert, interdit de vendre à découvert ; rouge, interdit d’acheter ; bleu, tout est permis. Elder parle d’un système de censure : il t’interdit des trades, il n’en désigne pas.
Ce qui a vieilli : les réglages. MACD 12-26-9, moyenne 13, oscillateurs des années 1980 appliqués à des actions américaines en daily. Ne les prends pas pour des vérités, backteste-les sur ton marché. Le Force Index a un autre défaut : il dépend du volume, et sur le forex spot ou les CFD, ton broker n’affiche qu’un volume de ticks maison, pas celui du marché. Sur les futures, le volume est réel.
Ce qui tient : la discipline multi-unités de temps. Regarder la tendance au-dessus avant de chercher l’entrée en dessous, c’est ce que font aujourd’hui les traders en top-down, SMC compris, avec d’autres outils. Le Force Index figure parmi les indicateurs natifs de TradingView, Elder-ray et Impulse existent en scripts publics : tu peux tester les trois sans rien coder.
Les règles des 2 % et des 6 % : exemple chiffré, et pourquoi un challenge de prop firm exige moins
C’est la partie du livre que tu appliques le jour même, et celle qu’Elder a réécrite de fond en comble en 2014. Deux règles, un triangle.
La règle des 2 % : sur un trade, tu ne risques jamais plus de 2 % du capital du compte, frais compris. Le risque n’est pas la taille de la position, c’est la distance entre ton entrée et ton stop, multipliée par le nombre de titres. Le triangle de fer en découle : le risque maximal fixe un côté, la distance du stop, dictée par le graphique et jamais par ton envie, fixe le deuxième, et la taille de position est le troisième. Elle se calcule, elle ne se choisit pas.
| Étape | Valeur |
|---|---|
| Capital du compte | 10 000 € |
| Risque maximal par trade (2 %) | 200 € |
| Prix d’entrée de l’action | 50,00 € |
| Stop technique, sous le plus bas de la veille | 48,50 € |
| Risque par action | 1,50 € |
| Taille maximale de la position | 133 actions, soit 6 650 € |
Avec un stop plus large, à 47 €, le risque par action passe à 3 € et la position tombe à 66 actions. C’est le mécanisme : le stop décide de la taille, pas l’inverse. Elder précise que tu peux risquer moins, jamais plus, et il refuse d’élargir la limite un jour de grande confiance.
La règle des 6 % : quand la somme des pertes fermées du mois et des risques encore ouverts atteint 6 % du compte, tu n’ouvres plus rien jusqu’au mois suivant. Trois positions ouvertes à 2 % chacune font 6 % : la quatrième attend. Si le stop de la première passe au point mort, ton risque ouvert retombe à 4 % et tu peux reprendre. Le livre décrit aussi le retour après un drawdown : taille réduite, aucun doublement de mise pour se refaire.
Ces règles sont écrites pour un compte personnel, sans juge extérieur. Un challenge de prop firm en ajoute un. Prends un compte évalué de 10 000 € avec 5 % de perte journalière maximale et 10 % de drawdown global, des chiffres courants : deux stops à 2 % le même jour font 400 €, soit 80 % de ta marge quotidienne. Sur un compte évalué, 0,5 à 1 % par trade colle mieux aux limites imposées. Rappel utile : le capital d’un challenge est simulé et les frais d’inscription ne sont généralement pas remboursés en cas d’échec.
Le titre vend un rêve, le premier chapitre le démonte
Trading for a Living, traduit mot à mot, promet une vie payée par le trading. Elder ouvre pourtant sur un chapitre titré « Les chances sont contre vous » : commissions, slippage et frais fixes font du trading un jeu à somme négative, et l’industrie vit des amateurs qui l’ignorent. Il ne donne ni capital de départ ni revenu mensuel, et il calcule des risques, jamais des gains.
Les chiffres officiels vont dans son sens. En 2014, l’AMF a passé au crible 14 799 clients particuliers de courtiers agréés en France, sur quatre ans de trading de CFD et de forex : plus de 89 % ont perdu de l’argent, pour une perte cumulée de 161 millions d’euros, soit 10 887 € par client en moyenne. L’étude relève aussi que les traders les plus actifs creusent leurs pertes avec le temps.
Près de 9 clients sur 10 sont perdants.
Lu dans cet esprit, le livre est honnête : il vend la survie, pas la rente. Si tu l’achètes pour savoir combien tu peux gagner, tu ne trouveras pas la réponse, et c’est bon signe.
Pour qui, et dans quel ordre le lire
Vivre du trading d’Elder s’adresse à quelqu’un qui a déjà ouvert une plateforme, pas à celui qui ignore ce qu’est un stop. Il ne demande aucune maths au-delà d’une multiplication, mais 354 pages de manuel sans fil narratif se lisent en deux passes.
Ordre conseillé si tu débutes : parties 1 et 2 (psychologie), puis 9, 10 et 11 (risque, pratique, registres), et seulement ensuite les parties 3 à 7 sur les outils. Tu auras les règles avant les indicateurs, ce qui t’évite d’appliquer un triple écran sans stop. Si tu as déjà cramé un compte, lis les parties 1, 9 et 11 avant tout : elles racontent ce qui t’est arrivé.
On a aimé
- Les règles des 2 % et des 6 %, applicables le jour même
- Psychologie, méthode et argent traités ensemble, rare dans un seul volume
- La partie registres : plan noté avant l’entrée, journal, devoirs quotidiens
- Le chapitre « Les chances sont contre vous », honnête sur les frais
On a moins aimé
- Des indicateurs conçus entre 1986 et 1993, à backtester avant usage
- Des exemples presque tous pris sur les actions américaines
- 55 € pour une traduction mal relue
- La partie psychologie n’a presque pas bougé depuis 1993
Si c’est la partie psychologie qui t’a parlé, notre guide du livre de psychologie du trading prolonge le sujet avec d’autres auteurs. Scalpeur ou day trader, sache qu’Elder est un swing trader dont les écrans commencent à l’hebdo : un livre de day trading te servira davantage pour l’exécution intraday. Pour un manuel plus récent écrit par un trader français, L’art du trading de Thami Kabbaj couvre le même triptyque.
À lire pour le risque et la discipline, pas pour la méthode. Prends l’édition 2019.
Les parties psychologie, money management et registres justifient le prix. Le triple écran et les indicateurs maison se lisent comme des exemples de 1993, pas comme un système à copier.
- Psychologie4,7
- Money management4,6
- Méthode et indicateurs3,5
- Lisibilité4,0
- Rapport qualité-prix3,7
C’est pour toi si
- Tu as passé quelques ordres et tu ne sais pas dimensionner une position
- Tu as déjà cramé un compte et tu veux comprendre pourquoi
- Tu trades en swing sur actions, futures ou indices
Passe ton chemin si
- Tu cherches un système clé en main à copier
- Tu scalpes ou tu trades en SMC sans aucun indicateur
- Tu investis à long terme et tu ne trades pas
Sur le même sujet, notre guide du livre d’analyse technique prend le relais si les parties 3 à 6 d’Elder t’ont laissé sur ta faim. À lire aussi, notre fiche de Devenez trader pro, l’équivalent français tourné scalping et day trading, avec des vidéos en complément du texte.
FAQ
Faut-il lire Vivre du trading avant Le nouveau Vivre du trading ?
Non. L’édition 2019 est une réécriture autonome : psychologie quasi inchangée, money management réécrit, chapitres ajoutés. L’ancienne n’apporte en plus que des indicateurs retirés depuis, comme le parabolique ou le Herrick Payoff Index, et son guide d’exercices.
Le livre existe-t-il en ebook ou en PDF en français ?
Valor Éditions ne référence que le livre papier pour l’édition 2019, fiche consultée le 07/09/2026. L’original anglais, The New Trading for a Living, existe en numérique. Les PDF « gratuits » en français qui circulent sont des contrefaçons, souvent hébergées sur des pages piégées.
Comment vivre du day trading d’Andrew Aziz, c’est le même livre ?
Non. Même éditeur, autre auteur, autre sujet : Aziz traite du day trading sur actions américaines, à 24,90 € chez Valor. Elder est plus large et tourné swing. Les deux se complètent, ils ne se remplacent pas.
Le triple écran fonctionne-t-il sur le forex et les indices ?
La logique multi-unités de temps s’applique à tous les marchés. Le Force Index, lui, repose sur le volume : sur le forex spot et les CFD, tu n’as qu’un volume de ticks propre à ton broker. Sur les futures sur indices, le volume est réel et l’indicateur garde son sens.
Quel niveau faut-il pour le lire ?
Savoir lire un graphique en chandeliers et connaître le vocabulaire de base : stop, spread, effet de levier. Pas de maths au-delà d’une multiplication. Compte une bonne dizaine d’heures pour une première lecture complète.
SOURCES
- Étude des résultats des investisseurs particuliers sur le trading de CFD et de Forex en France : 14 799 clients, quatre ans, plus de 89 % de perdants
- Fiche éditeur de Le nouveau Vivre du trading : prix, pagination, sommaire, date de parution
- Fiche éditeur de Vivre du trading (édition 2001) : prix, pagination, sommaire